6.2. Recherche qualitative

La recherche qualitative cherche à comprendre en profondeur un phénomène. Dans ce type d’étude, on étudie les opinions, les idées et les sentiments des individus ou de petits groupes d’individus concernant un sujet bien précis.

Exemple. Qu’est-ce qui fait que tant de parents se font du souci quand leur enfant présente une fièvre modérée ?

Ce type de recherche utilise des méthodes comme l’observation, l’observation participante, l’interview, des discussions en focus groupes. Les résultats d’une recherche qualitative ne sont pas exprimables en chiffres, ni généralisables.

6.2.1. Méthode

Les rencontres individuelles ou de groupe sont organisées autour d’un guide d’entretien qui synthétise les thèmes et les consignes à aborder avec les participants et les questions prévues pour relancer la discussion si nécessaire. On veille à utiliser au maximum des questions ouvertes ou des consignes plus générales, dont la formulation n’oriente pas la réponse. La reformulation par l’enquêteur des réponses des participants (écoute active) permet souvent à ces derniers d’approfondir leur pensée et de donner de nouveaux éléments signifiants au discours. En groupe, les interactions entre les participants peuvent aussi enrichir le matériau récolté.

Une recherche modifie toujours plus ou moins le comportement ou l’expression des sujets (effet Hawthorne). On veille donc à ne pas interroger ses propres patients sur des sujets qui concernent la relation de soins avec eux, ni des confrères proches sur des aspects liés à l’organisation du travail commun.

Lectures suggérées

Les groupes focalisés. Fiches méthodologiques. APES ULg, 2004.

Les études qualitatives

6.2.2 Echantillonnage

Le temps nécessaire, d’une part pour la collecte des informations auprès des personnes interrogées, et, d’autre part, pour l’analyse des résultats de l’ensemble des données, limite de facto la taille de l’échantillon. Ce dernier doit cependant être représentatif de la diversité des participants. Selon les hypothèses de départ, on veille donc à équilibrer dans un échantillon raisonné les tranches d’âge, les genres, l’expérience de la problématique, les caractéristiques sociodémographiques supposées pertinentes, etc. L’échantillon est considéré suffisant lorsqu’on obtient la saturation des données, c’est-à-dire lorsqu’un nouvel apport de matériau brut (ex. un entretien supplémentaire) n’amène plus de nouvelle propriété, dimension ou relation à l’analyse. Selon le sujet et la richesse du guide d’entretien, on peut espérer atteindre la saturation en p.ex. 10-15 entretiens individuels ou 3-4 groupes

6.2.3. Analyse

Les entretiens, individuels ou de groupe, sont toujours enregistrés intégralement, de façon à dépasser la première impression que l’on peut se faire lors de la rencontre, et éventuellement transcrits ; ceci constitue le matériau de base qui va être analysé.

L’analyse qualitative vise à identifier les éléments signifiants du discours brut, tels qu’énoncés dans le langage des participants (les verbatims), à les grouper par approximations successives et à chercher les éventuels liens qui les unissent, de façon à construire une nouvelle description du phénomène étudié.

Le classement thématique des verbatims, est une première façon de conduire l’analyse. Il faut être conscient que ce classement est dépendant de votre propre vision du monde (votre « posture »), qui a tendance à « colorer » l’interprétation. Il faut donc veiller à prendre en compte le contexte dans lequel chaque verbatim a été prononcé.

La phénoménologie explore le monde tel que décrit, vécu et interprété par les participants.

La théorie ancrée (grounded theory) vise à construire une théorie induite à partir des données empiriques recueillies ; elle est basée sur la comparaison constante entre les données de l’analyse et les données du terrain.

Lecture suggérée

Blais M, Martineau S: L’analyse inductive générale : description d’une démarche visant à donner un sens à des données brutes. Recherches qualitatives 2006, 26(2):1-18.